Des nouvelles de la Bolivie et du Pérou

Ordre des pays et villes visités

Colombie : 18 février au 4 mars. 

Bogota – Baricharra – Villa de Leyva – Bogota – Zipaquira.

Pérou :    5 mars au 10 avril.

Lima – Trujillo (Huanchaco) – Chiclayo  Lima- Cuzco – Agua Caliente (Machu Picchu) – Cuzco – Arequipa – Puno – Lac Titicaca – Puno

Bolivie : 6 avril au 4 mai

La Paz – Rurrembaraque – Amazonie – La Paz – Tupiza

 

Préambule,

Rio Beni, Amazonie, Bolivie

Je savais que je n’aurais pas du la boire. À 14 bolivianos, soit le double du prix compte tenu du lieu d’achat, j’aurais du me douter que j’allais payer pour ces quelques minutes de bonheur liquide. Après des heures de route, sous la pluie,  à se faire brasser dans un 4X4 Toyota Land Cruiser sur une route boueuse, inondée et digne d’une piste précoloniale suivi de 180 minutes d’observation sur une barque fort longue mais mince comme une allumette, je me disais que je la méritais bien. On venait finalement d’atteindre les petits chalets en bordure du Rio Beni, une petite rivière qui alimente le mythique fleuve Amazone située un peu plus loin. La chaleur et les moustiques étaient au rendez-vous en cette fin de saison des pluies tout comme les caïmans qui infestent la région au grand plaisir des touristes. D’ailleurs, deux de ces sympathiques reptiles se sont vautrés au soleil, durant tout le séjour,  à exactement 2 mètres de notre lieu de résidence. Des oiseaux par milliers et des singes de toutes les couleurs dans cet écosystème unique qui nous ramène à une certaine humilité devant tant de variétés, tant d’espèces baignées dans une cacophonie qui se déclenche très exactement au crépuscule pour ne cesser qu’avec le levé du soleil. Un concert déroutant, ahurissant, captivant et parfois inquiétant pour des oreilles habituées au morne silence de la banlieue montréalaise…

Et c’est justement là que cette damnée bière est revenue me hanter. À très exactement 3h10 de la nuit, au beau milieu de la symphonie  nocturne, je me suis réveillé  en maudissant sourdement cette vessie vieillissante, incapable de contenir quelques ml de houblon. Allais-je devoir quitter mon moustiquaires, enfiler mes baskets (pas les gougounes) pour éviter de piler sur je ne sais quels cloportes, araignées ou mille-pattes ? Devrai-je ensuite, ouvrir la porte de notre modeste chambre aux  murs branlants et percés d’inquiétantes fissures pour marcher sur la passerelle extérieure où m’attendraient des milliards de moustiques affamés ? Sur cette passerelle construite sur pilotis comme le reste des installations et qui surplombe une végétation humide, mystérieuse et peuplée par des tas de bestioles pour qui la nuit, c’est la rhumba ! Les toilettes sont situées au bout de celle-ci, à plus de 25 mètres de la chambre. Chouette perspective…

Je tente de résister, mais à 3h55, l’appel de la nature est plus fort que tout. Je dois y aller sinon je ne dormirai pas jusqu’au matin. Allez Éric, t’es un homme me dis-je en relevant la moustiquaire. Espadrilles aux pieds, j’ajuste ma lampe frontale et ouvre la porte pour me lancer dans cette nuit d’encre aux sons intenses. Le faisceau de ma lampe perce cruellement l’obscurité et je regarde sans voir, trop concentré à compter les pas me séparant des W.C… De nombreuses chauves-souris voltigent autour en se gavant des moustiques qui se massent rapidement près de moi, mais ça va. Encore 10 mètres et j’y suis. Soudain, un insecte de belle taille traverse la passerelle devant moi pour se perdre sous une poutre. Moment d’hésitation et je continue ma progression vers mon objectif que j’atteins au prix de quelques pas et beaucoup de sueur. 40 secondes pour accomplir le rite nocturne et déjà, je fais le chemin inverse vers le cocon protecteur ou dorment paisiblement Yasmina & Nada, inconscientes des dangers mortels que j’affronte au même moment. Au deux tiers du parcours, je sursaute en entendant des bruits sourds et rapides sous la passerelle, tout près de moi. Je pointe ma lampe et aperçois un genre de (très) gros cochon sauvage qui gambade placidement pour se diriger vers le fond du terrain ou l’attendent 3 autres membres de sa bande. Ok, pas de panique, je continue tranquillement et j’ouvre la porte de la chambre. Je me réinstalle (très, très) rapidement dans mon lit, replace mon moustiquaire avec précaution et me glisse sous la couverture. Ouf. Je peux enfin me rendormir. C’est la première fois de ma vie que je vais aux toilettes avec autant d’enthousiasme… Je ne l’oublierai pas cette petite bière de fin de soirée. Bienvenue en Amazonie ! Bienvenue en Bolivie ! 

 

Et oui, nous voici rendus en Bolivie depuis une semaine. Nous entamons la 3e et dernière partie de ce voyage fascinant en Amérique du Sud et on a déjà la tête et les yeux saturés d’images magnifiques et de souvenirs gravés à jamais dans la mémoire. Le Pérou est derrière nous, mais il serait injuste de ne pas revenir sur certains moments particulièrement forts vécus dans ce pays magnifique. La visite du Machu Picchu occupe évidemment une place importante, mais que dire des festivités de la Semaine Sainte, de la ville d’Arequipa, le Canyon de Colca et surtout, du célèbre lac Titicaca et ses Iles ? En mentionnant ces noms, les images se succèdent et nous publierons prochainement des photos de ces lieux superbes. La dernière chronique complète s’arrêtait à Cusco et cela fait maintenant presque trois semaines. Désolé du retard !

Le Machu Picchu

Souvent le but ultime de tous les voyages au Pérou, le Machu Picchu profite amplement de ses attributs exceptionnels pour satisfaire les yeux des touristes tout en engouffrant une somme effarante d’argent par rapport aux coûts de la vie du pays. Pour être franc, on est un peu pris en otage par les frais indécents facturés aux voyageurs. Pendant deux jours, vous savez que vous serez siphonnés de tous les cotés. Cela commence par le trajet de deux heures de train vers Agua Caliente, la ville située, au bas de la montagne. S’ajoute ensuite la chambre d’hôtel, le prix (ridicule) de l’autobus qui vous amène au sommet en 25 minutes pour enfin se clore par le billet d’entrée au site. 500 dollars pour deux adultes et la nina. Mais bon, c’est une des 7 (nouvelles) merveilles du monde et quoiqu’on en dise, c’est incontournable. Une fois dans sa vie.

Vous avez vu les photos publiées précédemment dans le site. Elles se passent aisément de commentaires. Mentionnons que le soleil n’étais pas au rendez-vous, mais que la brume matinale a permis d’apprécier le lieu différemment en y ajoutant une ambiance un peu mystérieuse. C’était un peu moins drôle quand la pluie s’est mise de la partie, mais ce ne fut finalement qu’une pause d’une heure au grand soulagement de Nada & Yasmina. Nous avons  passé plus de 10 heures sur le site puisque nous sommes arrivés à l’ouverture pour ne quitter qu’une heure avant la fermeture. Cela faisait plaisir de profiter de notre « indépendance » de mouvement par rapport aux groupes qui devaient compter avec un temps limité et suivre leurs guides comme de bons petits moutons !…

Après une courte marche et une petite ascension de 30 minutes, le Machu Picchu se dévoile  à nos yeux sur son écrin montagneux et l’émotion ressentie est unique. On sait d’emblée que cette image demeurera pour toujours une des plus belles jamais vue, ce qui est rare. La visite des ruines est tout aussi passionnante avec des bâtiments superbement conservés, des précipices spectaculaires et mêmes des lamas qui gambadent joyeusement au milieu de celles-ci. Un peu injuste pour tous les autres sites touristiques du pays, le Machu Picchu vole la vedette et ce n’est pas une surprise. Incontournable et inoubliable et ne tardez pas trop pour y aller, il y a des rumeurs de nouvelles augmentations de prix en plus de limiter encore plus l’accès quotidien au site qui est actuellement de 2500 visiteurs par jour maximum. Vraiment un des moments forts du voyage.

La fête du Señor de Los Tremblores

Le hasard a voulu que nous passions le début de la Semaine Sainte à Cusco et bien que celle-ci ne signifie plus grand chose pour l’immense majorité des québécois, je vous certifie qu’ici, en Amérique latine, c’est quelque chose de majeur et souligné avec beaucoup de ferveur. Les processions se succèdent quasiment tous les soirs et les églises se parent de multiples symboles et décorations sans compter les commerces qui ferment pour plusieurs jours et les péruviens qui voyagent d’une ville à l’autre. C’est vraiment une période fascinante à vivre avec les gens du pays.

Sergio, le propriétaire de notre hôtel à Cusco nous avaient prévenu que lundi après-midi, une fête très importante se déroulerait en ville, la fête du Señor de Los Tremblores. Nous étions loin de nous douter de son ampleur surtout que le balcon de notre chambre d’hôtel allait se révéler le meilleur lieu pour admirer la procession qui est le clou de la célébration. Quelle incroyable coïncidence. Voici un petit résumé piqué sur internet de cette fête aussi étrange qu’animée :

Le lundi de la semaine pascale ou lundi saint (lendemain du dimanche des Rameaux), grande procession du Señor de los Temblores, le « seigneur des Séismes », protecteur de Cuzco. Selon la légende, une peinture du Christ stoppa un violent séisme en 1650. Depuis, les cusquenos rendent un culte à l’image du « Taitacha Temblores ».
L’image du Señor de los Tremblores (Seigneur des Tremblements de terre) est conduite en procession à travers la ville, comme on le faisait autrefois avec les momies des chefs, prêtres etgouvernants incas.
Cette permet d’apprécier la fusion des religions andine et chrétienne.

Et quelle expérience ce fut. Le jour même, en matinée, nous avions décidé visiter quelques sites Incas en banlieue de Cusco. À notre retour en ville vers midi, l’animation dans les rues était à son comble et la foule passablement dense, tellement qu’il fallait se frayer un passage vers notre hôtel. La porte de notre chambre était ouverte et toute la famille et les amis (au moins 25 personnes) de Sergio étaient sur « notre » balcon attendant fiévreusement le passage de la procession. Un peu surpris par cette sympathique intrusion, nous nous sommes joints de bonne grâce aux festivités en lançant à notre tour des pétales de fleur rouge sur l’immense crucifix qui passait tout près. Je vous invite à regarder les photos pour tenter de saisir l’intensité de ce moment qui demeure difficile à traduire par des écrits.

Arequipa et le Canyon de Colca

Après notre séjour à Cusco, nous avons mis le cap vers Arequipa via un 3e voyage de nuit en autobus. Cette ville peut se targuer d’avoir un des meilleurs climats du Pérou. Imaginez, environ 320 jours de soleil par année avec une température oscillant autour de 24 degrés. Comme toute les villes coloniales du pays, Arequipa compte sur un nombre impressionnant de places publiques, de bâtiments et musées tout aussi splendides les uns que les autres avec en prime des volcans (actifs…) qui se trouvent assez près pour faire de belles photos.  Pour quiconque compte visiter le Pérou, il s’agit d’une ville à ne pas manquer surtout que nous avons eu la chance de loger chez une dame absolument adorable. Tellement sympathique et attachante qu’à la fin, on elle était devenue une vrai grand-maman pour nous et surtout pour Yasmina ! Si jamais vous  passez par là, on vous donnera ses coordonnées avec joie.

Une autre recommandation pour la région : il faut absolument faire la visite de deux jours du Canyon de Colca qui est un (autre) lieu magique et spectaculaire. Ce canyon est plus profond que celui des États-Unis et en plus, on peut y observer les célèbres condors qui voltigent parfois tout près des touristes massés près d’un ravin profond. Les photos d’Arequipa et du canyon seront diffusées  prochainement.

Entrefilets :

Une petite tradition s’est installée peu à peu depuis quelques semaines : On achète souvent du pain et parfois un peu trop. C’est ainsi que les surplus sont distribués par Yasmina aux mendiants qui sont assez nombreux ici. Cela permet de développer chez elle une certaine conscience de la pauvreté omniprésente, mais surtout et c’est ce qui me semble le plus touchant, elle découvre la joie de donner à autrui en toute simplicité. Cela donne lieu à de courts, mais parfois très émouvants moments.

Les guides touristiques mettent souvent en garde les touristes contre les risques de vols ou d’agressions en Amérique du Sud. C’est sûrement nécessaire et judicieux de le faire, mais je peux vous dire qu’après plus de 9 semaines, nous n’avons rencontré strictement aucun problème de cette nature, au contraire. Je dirais que c’est en faisant affaire avec des agences de voyage que vous risquez le plus de vous faire détrousser avec élégance et perfidie. Celles-ci surchargent parfois outrageusement pour des services peu couteux et ils profitent ainsi sans vergogne de la naïveté des touristes peu informés des us et coutumes du pays… Je pourrais vous parler longuement des quelques bagarres que nous avons dû faire parfois…

La Bolivie est le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud et La Paz, perchée à 4000 mètres est la capitale la plus haute du monde. Malgré tout, la ville demeure un endroit fort intéressant à visiter. Les maisons se multiplient littéralement à flanc de colline et la faune urbaine est assez bigarrée. Malgré une propreté douteuse et des bouches d’égout particulièrement nauséabondes, il y a une vie unique qui règne dans ses rues avec des fêtes, des marchés publics improvisés et des rues fermées tellement souvent que la circulation automobile devient franchement hasardeuse. Un repas typiquement bolivien pour deux personnes ? Environ 20-25 bolivianos, soit entre 3 et 4 $ !!!!…

À lire dans le prochain message : Le fameux lac Titicaca (Pérou) + La Paz,  l’Amazonie et une expédition de 3 nuits et 4 jours dans le sud de la Bolivie.

Encore une fois, merci de nous accompagner dans ce voyage qui dépasse, et de loin, nos attentes de départ. Merci également pour vos commentaires toujours aussi intéressants. N’hésitez pas à nous écrire, on adore vous lire.

Hasta Luego !

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About ericdion067

Voyageur occasionnel qui aime se promener un peu et briser la routine de l'existence quotidienne!
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1 Response to Des nouvelles de la Bolivie et du Pérou

  1. Avatar de Sylvie Berrouard Sylvie Berrouard dit :

    Heureuse de constater que vous avez succombé aux charmes plus qu’envoûtants du Pérou… J’ai eu grand plaisir à lire la relation de ton voyage, Éric, et à revisiter certains lieux qui m’ont absolument séduits il y a quelques temps… Et Yasmina est tout à fait craquante… 10 h au Macchu Picchu et elle a gardé le sourire ? Il n’y a pas à dire, une exceptionnelle combinaison d’ADN;)

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