
Sarığın beyazlığına bakma, belki sabun veresiye çekilmiştir.” qui signifie : Ne regarde pas à la blancheur du turban, peut-être que le savon était pris à crédit! Essayer de prononcer la phrase 3 fois rapidement pour voir.
Avouer que ce proverbe local est franchement sympathique. Quand les médias sociaux règnent en maitres sur les communications, quand tout, presque absolument tout, doit se plier à la dictature des émojis et des « likes ». Pas étonnant que le contenant soit tellement plus important que le contenu. Comme je le dis souvent, les cadeaux les mieux enveloppés sont souvent les plus décevants.
Voilà donc pour ce blogue. L’emballage sera à l’avenant, mais je tenterai d’y mettre un peu de contenu et il ne sera pas financé à crédit, ni par des repiquages illégaux, ni Wikipédia, ni Chien ou ChatGPT, ni rien de ça, promis. Ce seront de petites séquences de vie appelées à vous faire sourire, réfléchir et, qui sait, vous faire réagir. Oui, oui, même en vacances, en plein mois de juillet au moment même où le cerveau est en lock-out jusqu’au réveil de la fin août. C’est Denise Bombardier (que je salue) qui serait fière de moi, enfin j’imagine… Pour les curieux, ne manquez pas de visionner cet extrait de l’émission Apostrophe où elle avait, avec un remarquable courage et 30 ans avant Meetoo, dénoncé un écrivain français qui faisait l’objet de la plus abjecte complaisance du milieu littéraire parisien.
Mais revenons à nos moutons et au titre de cette chronique.
Quand on y pense (trop), avouons que la question mérite d’être posée: pourquoi voyager outre-mer dans le contexte actuelle ? Les raisons sont pourtant évidentes pardi! OK, il y en a des tas et on les connaît pas mal toutes!
Cependant, ces temps-ci, je réfléchie souvent à celles qui militent contre. Amusons-nous avec quelques-unes.
- Dorval. J’ai plus peur des contrôles de départ au pays que tous les autres pépins d’un voyage. Pour être franc, je me prépare au calvaire que représente un aéroport bondé, les files d’attente interminables, la pénurie d’employés, les vols retardés et les bagages égarées. Si on passe à travers cela, plus rien ne pourra nous arrêter.
- Les coûts. Merci à Nada & Fadi qui ont fait les réservations des billets très tôt en saison, car les prix deviennent de plus en plus indécents. Dire qu’un voyage est devenu un luxe est une évidence et pourtant, le tourisme de masse qui laboure littéralement les villes et les sites archéologiques ne cesse de croître. Pourquoi est-ce si important de voir et d’être (sur) les lieux? On pourrait argumenter longtemps. D’ailleurs le lendemain de cette chronique, lisez ce que Stéphane Laporte publiait le 8 juillet dans La Presse : https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2023-07-08/vacances-comparees.php Incroyable!
- La Terre crame. Les médias nous accablent quotidiennement avec la chaleur, les feux de forêts, les sécheresses, les glaciers qui se liquéfient, la consommation effrénée d’énergie. Comme si le réchauffement climatique se transformait maintenant en cascades de catastrophes naturelles. Et moi, bien peinard, je prendrai un bon gros jumbo jet (rempli d’essence) avec 300 de mes semblables pour aller folâtrer trois semaines (en voiture) au pays d’Ataturk. L’Épée de Damoclès est bien pendue au dessus de nos têtes et, parfois, furtivement, une légère anxiété m’accable.
- L’âge et l’innocence. Quand je pense aux voyages précédents, je réalise qu’une certaine naïveté s’est estompée avec le temps. Je ne crois plus que les voyages forment la jeunesse, mais qu’ils nous permettent de s’ouvrir un peu sur ce monde si fragile. Voir la vie à travers un prisme différent afin que notre existence ne se résume pas au Bungalow-auto-Costco-dodo. Dans le fonds, les voyages me permettent simplement de relativiser nos petites misères quotidiennes et croyez-moi, elles sont parfois légions dans le monde scolaire. La Turquie est pratiquement voisine de l’Ukraine et frontalière avec le Liban et la Syrie sans parler des tremblements de terre. Je vous laisse imaginer comment on envisage les problèmes de tous les jours làs-bas et c’est ce que j’ai bien hâte de voir si cela est possible en trois petites semaines.
Mais quand ceci est dit, je suis full excité par le départ et la fièvre me reprend tout doucement. J’ai hâte de conduire une voiture manuelle (enfin!) sur les routes de Turquie, activer mes pitoyables compétences de la langue, manger toutes sortes de plats exotiques, me perdent dans les dédales des souks, découvrir les plus beaux sites antiques de la planète, visiter les mosquées millénaires et tout simplement observer la vie quotidienne des gens. Il y a 1001 raisons de partir et c’est avec quelques-unes de celles-ci en tête que nous ferons ce voyage.
Même s’il fait 33 degrés à Kuujuack!…
Le Festival de jazz s’achève bientôt et permettez-moi de vous conseiller un album double de Bill Evans enregistré en1968 qui est ,selon moi, un petit bijou. Il s’intitule « Bill Evans, Some Other Time. The Lost Session from the Black Forest ». C’est splendide et parfait pour l’été.

Prochaine publication : on arrive à Istanbul, mais on mettra rapidement le cap sur Ankara et la Cappadoce. Photos à venir, soyez sans crainte!
Voici l’itinéraire de voyage qui est prévu. 24 jours. Nous n’aurons pas trop le choix de le respecter puisque les auberges et hôtels sont déjà réservés.
Istanbul – Ankara – Région de Cappadoce – Antalya – Patara -Pamukkale – Secuk / Éphèse – Bursa – Istanbul pour les 5 dernières nuits.
Retour prévu à Montréal le 31 juillet à 12 h 35.
Comme ça, tu parles (un peu) turque ! Hâte de te lire, Éric et de voir tes photos de ce merveilleux pays ! Si tu pouvais décrire en détail les saveurs d’un plat qui t’aura particulièrement stimulé, ce serait génial ! 😉
P.s. : tu as entièrement raison : l’innocence est peut-être perdue, mais le goût d’apprendre et de se faire surprendre ne l’est jamais.
Salut Roberto,
Merci pour le commentaire. Je vais surement inclure des aspects culinaires dans l’une ou l’autre des chroniques de voyage. Je ne t’oublierai pas. Salutations de Nada à toi et Manuel.
Hola Éric!
T’inquiètes : loin de moi, de vouloir te donner des devoirs à faire pendant que t’es en vacances ! J’ai surtout hâte de lire tes impressions sur les gens, l’ambiance locale…
Je te lirai avec plaisir, sans égard à ton choix de thèmes… 😉
Ah ! Si tu trouvez du bon jazz turque contemporain, ça m’intéresse aussi !
¡Abrazos desde Baracoa!
Roberto
Salut Roberto,
Cela ne devrait pas être trop difficile pour la bouffe!. Imagine un pays à la jonction du Liban et de la Grèce. J’en salive déjà. Pour le jazz, si tu aimes, tu pourras regarder dans mon site, l’une des 1res chroniques en janvier-février 2013 où je dressais une liste de mes coups de coeur littéraires et de jazz aussi. Il y a 10 ans déjà. Si j’avais à la rafraichir, je pense que j’ajouterais facilement 50% de nouveaux albums!
Sans être un férus, disons que j’aime beaucoup, beaucoup le jazz principalement des années 40 à aujourd’hui.
Je regarderai cela pour la « scène turcque », mais je peux te dire déjà que le pays est réputé pour la qualité unique de ses cymbales, sans blague! Voir : https://lepetitjournal.com/istanbul/actualites/le-saviez-vous-certaines-des-meilleures-cymbales-du-monde-sont-fabriquees-istanbul-83630
Salut Éric!
J’ai adoré lire cette chronique en sirotant mon premier café de la journée! En tout cas, si un jour tu fais un burnout à l’école et que tu quittes le milieu scolaire (ce que nous ne souhaitons pas – espérons que la Turquie relativise tes « petites misères quotidiennes »!), tu pourrais toujours tenter de gagner ta vie en écrivant!
Comme tu le sais peut-être, je rêve d’aller en Turquie un jour, alors j’ai bien hâte de voir tes photos et lire tes aventures. Par curiosité, pourrais-tu me dire comment on prononce le « ç » en turc? Est-ce que c’est « s » ou « ch »?
Merci pour ton beau message ma chère Nicole. Les petites misères du quotidien sont de biens petites choses en comparaison avec tant d’autres choses qui se déroulent sous nos yeux. Mais sois rassurée, je vais encore vous taquiner quelques années à SLW! Pour la prononciation, j’opte pour le tch qui est plus souvent utilisé.
A bientôt